L'existence du tricyanométhane enfin mise en évidence!
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Publié le 09/10/2015
Résumé

Après plus d’un siècle de recherches, l’existence du cyanoforme (ou tricyanométhane), l’un des plus fort acide organique (pKA = -5,1 dans l’eau), est enfin confirmée. Des chercheurs de l’université Ludwig Maximilian de Munich expliquent dans un article du 18 septembre 2015 de la revue Angewandte Chemie International Edition dans quelles conditions ils sont parvenus à caractériser cette espèce.

Brève mise en forme par Claire VILAIN (professeur agrégée responsable du site ENS-DGESCO CultureSciences-Chimie)


 

Après plus d’un siècle de recherches, l’existence du cyanoforme (ou tricyanométhane), l’un des plus fort acide organique (pKA = -5,1 dans l’eau), est enfin confirmée. Des chercheurs de l’université Ludwig Maximilian de Munich expliquent dans un article du 18 septembre 2015 de la revue Angewandte Chemie International Edition dans quelles conditions ils sont parvenus à caractériser cette espèce.

 

Ce composé, qui apparaît pourtant dans de nombreux manuels de chimie, n’avait jamais été synthétisé jusqu’à présent, malgré une succession historique de tentatives infructueuses. En 1896, Hermann Schmidtmann avait essayé en vain de le produire via une réaction acido-basique, en utilisant de l’acide sulfurique H2SO4 et du tricyanométhanide de sodium.

 

Plusieurs groupes de recherche avaient également essayé depuis, sans succès.

Le problème est que le cyanoforme se décompose à température ambiante : l’équipe d’Andreas Kornath a montré qu’il n’était stable qu’à des températures inférieures à -40 °C. Sa formation nécessite des conditions drastiques (milieu strictement anhydre, température de – 50 °C) et met en jeu une réaction acido-basique entre Ca(C(CN)3)2 et le fluorure d’hydrogène HF, selon l’équation :

Ca(C(CN)3)2 + 4 HF → 2HC(CN)3 + Ca(HF2)2

L’espèce HC(CN)3 a été caractérisée par spectroscopies RMN 1H, RMN 14N, RMN 19F et Raman. Elle n’a toutefois pas encore été isolée.

La clé du succès, selon l’équipe d’Andreas Kornath, réside dans le fait de travailler à basse température et dans le choix du fluorure d’hydrogène, à la fois comme acide et comme solvant.

 

Bibliographie:

 

 
 
 
 
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