Article édité par Nicolas Lévy (professeur agrégé responsable du site ENS-DGESCO CultureSciences-Chimie), basé sur les communiqués de presse et les informations de l' Académie Royale des Sciences de Suède.
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Le Prix Nobel de Chimie 2009 récompense les études d'une des machineries essentielles de la vie : la traduction des informations de l'ADN par le ribosome en "vie". Les ribosomes produisent les protéines qui, à leur tour, contrôle la chimie de tous les organismes vivants. Les ribosomes étant cruciaux à la vie, ils sont aussi une cible majeure des nouveaux antibiotiques.
Figure 1. Venkatraman Ramakrishnan, Thomas A. Steitz et Ada E. Yonath : lauréats du Prix Nobel de Chimie 2009
Le Prix Nobel de Chimie 2009 a été attribué à Venkatraman Ramakrishnan, Thomas A. Steitz et Ada E. Yonath pour avoir montré la structure des ribosomes et leur fonctionnement à l'échelle atomique. Tous les trois ont utilisés la méthode de cristallographie par rayon X pour cartographier chacun des centaines de milliers d'atomes qui composent le ribosome.
A l'intérieur de chaque cellule de tout organisme, on trouve des molécules d'ADN. Elles contiennent les modèles du fonctionnement et de l'apparence d'un être humain, d'une plante ou d'une bactérie. Mais l'ADN est une molécule passive : s'il n'y avait rien d'autres, il n'y aurait pas de vie.
Le "plan de construction" devient matière vivante grâce au travail des ribosomes. En utilisant les informations contenues dans l'ADN, les ribosomes fabriquent les protéines : l'hémoglobine transportant l'oxygène, les anticorps du système immunitaire, les hormones comme l'insuline, le collagène de la peau, ou les enzymes qui dégradent le sucre. Il existe des dizaines de milliers de protéine dans le corps et elle ont toutes des formes et des fonctions différentes. Elle construisent et contrôlent la vie au niveau chimique.
La connaissance profonde du ribosome a été mis en pratique rapidement : beaucoup d'antibiotiques actuels soignent diverses maladies en bloquant le fonctionnement des ribosomes des bactéries. Sans ribosomes fonctionnels, les bactéries ne peuvent survivre. C'est pourquoi les ribosomes sont les cibles de ces nouveaux types d'antibiotiques.
Figure 2. Une structure d'un ribosome de bactérie par Rayon-X : les molécules d'ARN sont en orange ; les protéines de la petite sous-unité en bleues, celles de la grande sous-unité en vert. Une molécule d'antibiotique (en rouge) est lié à la petite sous-unité du ribosome.
Les trois lauréats ont généré des modèles 3D montrant comment différents antibiotiques se lient au ribosome. Ces modèles sont maintenant utilisés par les scientifiques dans le but de fabriquer de nouveaux antibiotiques, contribuant directement à sauver des vies.
[1] Nierhaus K. H. and Wilson D. N. (2004) Protein synthesis and ribosome structure: translating the genome, WILEY-VCH verlag GmbH&Co. KGaA, Weinheim.
[2] Liljas A. (2004) Structural aspects of protein synthesis, World Scientific Publishing Co. Pte. Ltd., Singapore.
[3] Walsh C. (2003) Antibiotics: actions, origins, resistance, ASM Press, Washington.
Pour compléter cet article, vous pouvez consulter le site concernant le Prix Nobel de Chimie 2009 et en particulier les ressources données par l'Académie Royale des Sciences de Suède.
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