Depuis sa création en 2001, le prix Irène Joliot-Curie met en avant l’excellence scientifique de femmes aux parcours exemplaires, afin de lutter contre les stéréotypes de genre et l’autocensure. En plus de deux décennies, ce prix a récompensé plus de 65 femmes scientifiques d’exception tant dans la recherche publique que privée, et ce, dans toutes les disciplines scientifiques.
Irène Joliot-Curie
Fille des physiciens Marie et Pierre Curie, Irène Joliot-Curie est née à Paris en 1897.
Elle travaille avec sa mère à l’Institut du Radium à Paris avant de se spécialiser en physique nucléaire avec son mari Frédéric Joliot.
En 1935, tous deux reçoivent le prix Nobel de chimie pour leur découverte de la radioactivité artificielle. En 1936, Irène devient membre du Gouvernement du Front Populaire en tant que sous-secrétaire d’État à la recherche scientifique. Elle est alors l’une des 4 premières femmes à devenir membre du Gouvernement dans notre pays.
Elle a également occupé la fonction de commissaire à l’énergie atomique durant six ans.
Tout au long de sa vie, Irène Joliot-Curie a œuvré pour donner aux jeunes et en particulier aux jeunes filles toute leur place dans la recherche et les carrières scientifiques, par le biais notamment d’émissions de radio. Elle déclarait ainsi, en 1938 : « Sans l’amour de la recherche, le savoir et l’intelligence ne peuvent vraiment faire un savant ».
Le prix Irène Joliot-Curie
Depuis sa création en 2001, le prix Irène Joliot-Curie œuvre en faveur de la promotion des femmes dans l’univers des sciences, de la recherche et de la technologie. En plus de deux décennies, ce prix a récompensé plus de 65 femmes scientifiques d’exception tant dans la recherche publique que privée, et ce, dans toutes les disciplines scientifiques.
Le jury de cette 24e édition est présidé par Catherine Cesarsky, Haute conseillère scientifique au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et membre de l’Académie des sciences.
Le jury du Prix Irène Joliot-Curie décerne trois prix :
- Le prix de la « Femme scientifique de l’année » récompense une femme ayant apporté une contribution remarquable dans le domaine de la recherche publique par l’ouverture de son sujet, l’importance de ses travaux et la reconnaissance dans son domaine scientifique tant au plan national qu’international. Il est doté de 40 000 €.
- Le prix « Femme, recherche et entreprise » récompense une femme qui a développé des innovations scientifiques et/ou techniques dans une fonction de recherche & développement, en travaillant au sein d’une entreprise ou en contribuant à la création d’une entreprise. Il est doté de 20 000 €.
- Le prix « Jeune femme scientifique » met en valeur et encourage trois jeunes femmes qui se distinguent par un parcours et des travaux qui en font des spécialistes de talent dans leur domaine. Il est doté de 20 000 € pour chacune des lauréates.
- Le prix spécial de l’engagement récompense une femme scientifique particulièrement investie dans la sensibilisation et l’orientation des filles et des jeunes en général vers les sciences. Ce prix fait l’objet d’un processus de sélection différent : le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace est en charge de la constitution et de l’organisation du jury de sélection des candidates. Il est doté de 40 000 €.
Les lauréates
Pour cette 24e édition, le jury, présidé par Catherine Cesarsky, membre de l’Académie des sciences, a choisi de récompenser :
- Valentina Emiliani, directrice de recherche au CNRS à l'institut de la Vision. Elle s’est imposée comme une pionnière dans les domaines de la microscopie haute résolution et de l’optogénétique. Ses travaux ont conduit au développement de technologies innovantes, telles que l’utilisation de l’holographie pour manipuler la lumière et restaurer la vision, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques. Elle a reçu le prix « Femme scientifique de l’année ».
- Eva Maire, chercheuse à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) depuis 2024, au laboratoire Biodiversité marine, exploitation et conservation (Marbec- CNRS/Ifremer/IRD/Université de Montpellier). Elle s'est spécialisée dans l’étude des socio-écosystèmes tropicaux. Elle a reçu le prix « Jeune femme scientifique ».
- Maïmouna Bocum, chargée de recherche au CNRS à l’Institut Langevin (CNRS/ESPCI Paris-PSL), à Paris, depuis 2018. Dans ce cadre, elle développe des techniques innovantes d’imagerie acousto-optique, destinées à des applications biomédicales in vivo, en combinant les domaines de l’optique et des ultrasons. Elle a reçu le prix « Jeune femme scientifique ».
- Kristel Chanard, chargée de Recherche à l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière). Elle mène ses travaux au sein de l’Institut de Physique du Globe de Paris, où elle étudie les interactions entre le climat, l’eau et les déformations terrestres. Elle a reçu le prix « Jeune femme scientifique ».
- Astrid Perlade, responsable de programme de recherche chez ArcelorMittal Global R&D. Elle a reçu le prix « Femme, recherche et entreprise ». Après un diplôme d’ingénieur à l’École des Mines de Paris et une thèse en métallurgie, elle rejoint en 2001 l’Institut de recherches de la sidérurgie française (IRSID), où elle se spécialise dans la modélisation des propriétés microstructurales et mécaniques des aciers. Ses travaux trouvent des applications industrielles majeures, notamment au sein d’ArcelorMittal, et s’inscrivent dans le cadre de collaborations internationales.
- Marina Kvaskoff, directrice de recherche Inserm (CRCN), responsable du groupe de recherche « Epidémiologie de la Santé Gynécologique (EpiGyn). Docteure en épidémiologie, elle s'est spécialisée dans l’épidémiologie de l’endométriose et des maladies gynécologiques non malignes (comme les fibromes utérins ou le syndrome des ovaires polykystiques – SOPK). Des maladies sous-étudiées et invalidantes pour la vie des femmes auxquelles elle consacre sa carrière de chercheuse. Elle a reçu le « Prix spécial de l’engagement ».